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Une vie nouvelle possible
 

Devant toi, une vie nouvelle est possible !
On vient soumettre un cas de morale à Jésus, qui sur l’esplanade du Temple est assis, enseignant la foule.
Que faire d’une femme prise en flagrant délit d’adultère.
La Loi de Moïse était claire (Lev. 20,10) Ils doivent être mis à mort tous les deux… Mais où est donc le partenaire de cette femme ?... Jésus n’entre pas dans ces considérations. Il sait que c’est Lui qui est visé : ce cas moral n’est qu’un prétexte. En fait, dans cet épisode de l’Evangile, deux procès se déroulent : celui de la femme et celui de Jésus. Les deux pourraient mourir : l’une pour adultère, l’autre pour blasphème, s’il s’oppose à la Loi de Dieu donnée par Moïse. Comme devant Pilate le jour de son jugement, Jésus choisit le silence. Cela évite à la femme l’humiliation d’un procès.
Et il ne lève son regard ni sur elle, ni sur ses accusateurs. Il est penché et il écrit… On ne précise pas ce qu’il écrit. Et si c’était le doigt humain de Dieu, que les cardinaux en conclave ont aperçu peint sur le plafond de la chapelle Sixtine ? Oui, si c’était ce doigt de Dieu, qui inscrit sur notre terre la Loi nouvelle ? Ou bien, est-ce la citation du prophète Jérémie (17,13) que Jésus écrit : « Seigneur, espoir d’Israël, tous ceux qui t’abandonnent seront confondus, ceux qui se détournent de Toi seront inscrits sur la terre, car ils t’ont abandonné, toi, la source des eaux vives »… Etre inscrit sur la terre, c’est disparaître avec le premier souffle du vent…
Cette rencontre a commencé dans une extrême violence et elle s’achève dans la paix la plus profonde. Jésus resta seul avec la femme en face de Lui. C’est la misère, notre misère en face de la Miséricorde. La blessure, présentée au regard de Dieu, est aussitôt guérie : Va et désormais ne pêche plus !
Jésus n’a condamné personne : ni la femme, ni les scribes, ni les pharisiens, ni la Loi. Il a simplement fait craquer le système. Il a ouvert des horizons nouveaux en invitant les justes et les pêcheurs à se tenir en vérité devant Dieu.
Cette pècheresse, les scribes l’appelait avec mépris : « ces femmes-là » ; mais le regard de Jésus l’ouvre à l’espérance. Il l’appelle « femme » avec beaucoup de respect comme il appelait ainsi la Samaritaine et Marie à Cana et au pied de la Croix. La femme échappe donc à la mort ; mais non pas à l’effort. Il faudra qu’elle renonce à sa passion, qu’elle reprenne le chemin de la fidélité de tous les jours et le moteur de sa conversion sera le souvenir du regard de bonté que Jésus a posé sur elle…

Si, en cette fin de Carême, nous nous sentons encore loin de Jésus, si nous avons peur de nous donner à Lui tels que nous sommes, c’est que nous n’avons pas suffisamment regardé sa Croix…
Donne-nous, Seigneur, de voir et de provoquer, dans notre quotidien
De beaux échanges de fraternité et d’amour, comme celui-là.


Dimanche 17 mars 2013 ; 5° de Carême C : Jean 8,1-11.
Homélie de Père Philippe Parent





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