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On tue un enfant ! (suite)
 

"Lorsque nous arrivâmes dans ce village aux ruines encore fumantes, une petite fille qui devait avoir à peine dix ans errait au milieu des morts, le bras ballants, les yeux vides, muette." c’est ce qu’écrit un voyageur à la fin du 16° siècle, à l’époque des guerres de religions en France. Je pense que de nombreux autres voyageurs pourraient écrire cette même phrase aujourd’hui. La violence est partout, elle envahit nos écrans, notre quotidien, et encore une fois les enfants en sont les premières victimes.
Il y a bien des manières de tuer un enfant : nous le voyons aujourd’hui avec cette image d’un enfant de trois ans mort sur la plage de Bodrum habituellement envahie par les touristes ’(je fus l’un d’eux) ou comme nous le rappelle de façon tout aussi atroce les rebondissements de l’enquête sur les soldats français accusés de viol sur des enfants en Centre Afrique.
Pour détourner la violence contre l’enfant, le Dieu de la Bible intervient : "Ne porte pas la main sur lui !" dit-il à Abraham. "Prends l’enfant et sa mère et fuit en Egypte" dira-t-il à Joseph.
Mais voila que cet enfant, préservé du massacre, renverse nos tendances premières : il donne sa vie pour que vive l’autre.

C’est aujourd’hui encore qu’il faut renverser nos façons de penser notre rapport à l’autre quel qu’il soit, l’autre que la guerre ou la faim jette sur les routes et les mers du monde, l’autre dont l’enfant nous rappelle l’irréductible différence.
C’est aujourd’hui encore qu’il faut renverser nos façons de penser notre rapport à l’autre si nous voulons, comme Dieu y invite Caïn, "dominer la violence tapie au fond de chacun d’entre nous" dont nos réactions primaires sont le reflet.
Père Michel Bravais


4 septembre 2015
voir premier article N° : 4749 du 21 mai 2015





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