"Laissez-vous réconcilier avec Dieu !"
 

Je trouve que cet appel au début du carême est particulièrement à contre sens de tout ce que le carême peut véhiculer d’efforts et de privations !
Vous vous rendez compte il s’agir de se laisser faire !
Ce n’est pas nous qui, au bout de nos efforts de carême, même les plus beaux, allons nous réconcilier avec Dieu ; c’est lui qui, en la mort et la résurrection de son Fils, va nous réconcilier avec lui !
Alors au début de ce carême commençons par relâcher nos crispations et acceptons de nous laisser faire par Dieu ! C’est étonnamment inconfortable !
Mais vous allez me dire : qu’est-ce vous faites alors du partage, de la prière, du jeûne dont on vient de parler dans l’évangile ?
L’aumône, la prière, le jeûne ne sont que des moyens pour nous préparer à accueillir la venue du règne de Dieu, la Réconciliation du ciel et de la terre !

L’aumône : on pense tout de suite au partage des biens matériels pour que personne ne manque du nécessaire, bien sûr c’est premier, mais c’est surtout le signe d’une vie fraternelle où l’on s’écoute les uns les autres, où l’on se heurte parfois, où l’on se pardonne. C’est le signe qu’on est prêt à accueillir l’autre tel qu’il est.

La prière : il ne s’agit pas de rabâcher comme les païens, nous dit Jésus, c’est d’abord le temps où je me mets en disponibilité, où, comme dans le Notre Père, je suis en attente de son Règne qui vient. La prière me met en position d’accueillir Dieu dans toute ma vie.

Le jeûne : attention, pratiquer le jeûne peut devenir une méthode pour mieux vivre, et je l’ai constaté quelques fois, considéré sous cet angle il peut enfermer les gens sur eux même, leur santé, leur apparence, leur longévité,…le jeûne devient recherche de soi !
Le jeûne que propose l’évangile au contraire c’est se mettre en attente de ce que l’autre va me donner, c’est accepter que tout ce que j’ai, est d’abord un don des autres, un don de Dieu.
C’est aussi creuser en soi le désir que le Seigneur nous nourrisse de la manne des dernier temps, le pain du royaume qu’il commence à nous donner dans l’eucharistie

Nous allons faire deux gestes ce soir :
1. Recevoir les cendres qui disent notre désir de voir Dieu envahir toute notre vie ! C’est une autre façon de dire "Que ton Règne vienne,”
Recevoir le pain eucharistique qui dit que Dieu a commencé à répondre à notre désir “donne-nous aujourd’hui notre pain !" en nous donnant ce pain il commence à réaliser la promesse de nous faire participer un jour à sa table.

En ce carême mettons nous en condition de nous laisser faire par Dieu,
d’être dans une attitude d’accueil, car comme le dit l’Apocalypse :
"Il vient bientôt" !


Cendres 2017
Père Michel Bravais





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