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Jeudi Saint selon Enzo Bianchi
 

Le signe de sa mort imminente, le sacrement d’action de grâces, c’est l’Eucharistie que les chrétiens devront célébrer en mémoire de Jésus

Au soir du Jeudi saint commence le triduum pascal, cette suite de jours "saints", distincts des autres, durant lesquels nous méditons, célébrons, revivons le mystère central de notre foi : Jésus entre dans sa passion, il connaît la mort et la sépulture et, le troisième jour, il est ressuscité par le Père dans la force de vie qu’est le Saint-Esprit.

Une libre acceptation
Dans la liberté, donc, Jésus accepte cette fin qui se profile : il aurait pu fuir, il aurait pu éviter d’affronter cette épreuve et, certes, il a demandé au Père si cela n’était pas possible. ... Oui, librement il l’a acceptée, pour que soit faite la volonté du Père : non que le Père voulait sa mort, mais la volonté du Père était que Jésus reste dans la justice, dans la charité, dans la solidarité avec les victimes. ...

À table, avec ses disciples, il accomplit sur le pain et sur le vin des actions accompagnées de paroles : ... "Faites ceci en mémoire de moi !"

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Le sacrement du frère

Mais la liturgie vit et répète un autre geste de Jésus : le lavement des pieds. L’évangéliste Jean raconte le signe du lavement des pieds ! Pourquoi une action "autre", un signe "autre" ? Pour Jean, le sacrement de l’autel doit toujours être interprété et vécu comme le sacrement du frère : la célébration eucharistique, avec le pain rompu et le vin offert, et le service concret, quotidien envers le frère, se rapportent l’un à l’autre comme deux faces de la participation au mystère pascal du Christ.

Le geste de Jésus, alors, est raconté lentement, presque au ralenti, afin qu’il reste bien imprimé dans l’esprit du disciple de tous les temps.
Un geste anormal, un geste paradoxal qui renverse les rôles, un geste scandaleux, comme en témoigne la réaction de Pierre !
Deux actions différentes, deux gestes sacramentels, deux scènes qui disent la même réalité : Jésus offre sa vie et, librement et par amour, il va vers sa mort en se faisant esclave. Pour cela, tout comme au geste eucharistique, un commandement fait suite au geste du lavement des pieds : "Comme je vous ai lavé les pieds, faites-le vous aussi". Si l’Église veut être l’Église du Seigneur, c’est ainsi qu’elle doit faire : rompre le pain, offrir le vin, laver les pieds dans l’assemblée des croyants et dans l’histoire des hommes.


Enzo Bianchi, fondateur et prieur d’une communauté monastique interconfessionnelle et mixte de Bose (Italie) Publié le 2 avril 2014
Extraits





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