J’suis pas un imbécile...
 

J’suis douanier... Ce refrain d’un sketch de Fernand Raynaud, souvent entendu dans les années soixante-dix, est revenu à ma mémoire la semaine dernière lors de la projection de documentaires sur les migrants vers l’Europe qui succédait à un « cercle de silence » sur les boulevards de Valence, devant le cinéma « Le Navire ». Les films et la discussion qui a suivi m’ont ouvert les yeux sur les gardiens des frontières européennes d’aujourd’hui, les opérateurs de l’Agence Frontex.

Ils ont remplacé les douaniers de mon enfance, celui du sketch et ceux, plutôt sympathiques, de la série,« Belle & Sébastien », mais, surtout, ils favorisent les drames que sont, encore très récemment, les naufrages aux bilans monstrueux en pleine Méditerranée. Nombreuses sont les victimes qui fuyaient leur pays en guerre ou touché par des persécutions plus ou moins ciblées. Il y a cent ans le génocide arménien propulsait ceux qui échappaient aux massacres sur des routes interminables dont certaines aboutissaient chez nous, sur les rives du Rhône-Moyen.

Le 24 avril, avait lieu la commémoration majeure de cet événement dans de nombreuses villes du monde ; à Valence et Bourg-lès-Valence où 10 % de la population est d’origine arménienne, ce sera le signe fort et concret que l’accueil des migrants en détresse débouche sur un enrichissement mutuel, est un surcroît d’humanité et fait participer plus intensément au projet de Dieu rassembler tous les humains dans une même famille. Quand l’histoire donne une belle leçon, nous pouvons la retenir pour le présent.


P. Pierre CHARIGNON
Source : Drôme-Hebdo du 23 avril 2015





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